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Dirigeants, pratiquez-vous l’ego-surfing ?

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L’ego-surfing, ou self-googling, consiste à rechercher son propre nom sur internet. En 2014, selon une étude IPSOS, 71% des internautes français interrogés avouaient avoir déjà tapé leur nom sur un moteur de recherche. Les jeunes entre 25 et 34 ans en étaient les champions incontestés puisque 5% d’entre eux se cherchaient sur le web au moins une fois par jour.

Pourquoi pratiquer l’ego-surfing ?

Si 51% des internautes font cette démarche par curiosité, nombreux sont ceux qui souhaitent vérifier qu’aucune information compromettante ne remonte sur Google. Ces derniers, souvent des professionnels ou des chercheurs d’emploi, ont le souci de leur réputation et cherchent à maîtriser leur image sur internet. Et ils ont raison, car 68% des recruteurs "googlisent" un candidat avant un recrutement. L’ego-surfing se révèle alors indispensable dans le cadre professionnel. 

La tendance du self-googling, loin de se résumer à un phénomène de mode, est symptomatique de la digitalisation du monde du travail. Offres d’emploi, job boards, sites web, réseaux sociaux, une grande partie de la vie professionnelle se déroule sur internet. LinkedIn s’impose d’ailleurs comme un réseau social incontournable aux côtés de Facebook, Instagram et Twitter. Début 2019, le réseau comptait 610 millions de membres dans le monde, dont 40 millions de décisionnaires. Les entreprises ne sont plus les seules à soigner leur image sur internet, les personnes aussi deviennent leur propre marque, donnant naissance au fameux Personal Branding dont l’ego-surfing constitue la base.

De l’ego-surfing au personal branding.

La recherche de son propre nom sur internet implique non seulement de vérifier ce qui se dit sur soi, mais surtout d’agir en cas de mauvaise presse : une photo compromettante exfiltrée de Facebook, un commentaire déplacé tiré d’un ancien blog, les résultats catastrophiques du dernier marathon de Paris publiés sur Kikourou. Il convient alors de "nettoyer" son image, ce qui n’est pas toujours chose facile.

C’est là qu’intervient le personal branding qui consiste à construire et maîtriser son identité digitale. Grâce à une page LinkedIn bien remplie et alimentée en contenus pertinents, grâce à la publication d’articles sur les réseaux sociaux et dans les médias ou encore grâce à la participation à des évènements clés, chacun peut reprendre le contrôle de son identité digitale et se montrer sous son meilleur jour. Le Personal Branding permet alors de se libérer de l’image parfois erronée ou simplement inintéressante véhiculée par internet.

Le personal branding, outil indispensable des dirigeants engagés.

Cette démarche, si elle est utile à des chercheurs d’emploi, devient presque indispensable pour un dirigeant d’entreprise. De nos jours, les consommateurs comme les collaborateurs portent énormément d’importance à l’image des entreprises. Abreuvés de fake-news et méfiants face au woke washing, ils revendiquent la sincérité, le sens et la transparence. De fait, les entreprises ont besoin de s’humaniser, de présenter un visage à leurs consommateurs et collaborateurs : celui de leur dirigeant. 

Devenu le premier ambassadeur de son organisation, l’incarnation de la raison d’être, ce dernier se doit de pratiquer l’ego-surfing régulièrement. D’autant plus s’il est un personnage public très médiatisé. Mais le Personal Branding ne se pratique pas uniquement sur les réseaux sociaux. Il ne s’agit pas de s’inventer une personnalité sympathique mais mensongère. Il est d’ailleurs très risqué de tenir de beaux discours sur les réseaux sociaux s’ils ne sont pas suivis d’effets concrets dans la "vraie vie". Gare au bad buzz, la frontière entre digital et réalité est très poreuse et les internautes s’apercevront très vite de la mauvaise foi d’un dirigeant. C’est par ses discours mais surtout par ses actes, que celui-ci se fera preuve de la réalité des engagements de son organisation, et qu’il embarquera avec lui collaborateurs et consommateurs.